• Challenge de Philippe.

     "Lire sous la contrainte"

     

    'Les Neiges bleues'
    Piotr Berdnarski
    Traduit du polonais
    par Jacques Burko
    édition : "Autrement"

    La Sibérie des années 40. Le régime de Staline.

    Une ville de Sibérie située dans la taïga, où Petia (Pierre) qui   n'a  que 10 ans et sa mère, surnommée Beauté  sont assignés à résidence. Sa mère est juive descendante caucasienne. La Bible est leur gouvernail. Leur seule faute : être polonais.

    « ….  les soviétiques ne pardonnent pas aux enfants les fautes de leurs pères….. »

    Dans ce bourg d'exilés,  des Coréens, des Polonais, des Ukrainiens..... des familles détruites, brisées, persécutés par Staline tentent de survivre.

    La vie est rude, tout manque!   Ce n'est pas l'enfer pourtant ça lui ressemble étrangement.

    « Nous n'avions conscience ni de notre misère ne de la mort omniprésente. C'était notre quotidien. Nous n'avions rien connu d'autre ou alors nous l'avions oublié. »

    L'enfer est un peu plus loin, c'est le goulag, cette Kolyma, là où le père de Piort purge sa peine.... le motif ? Être polonais, aimer son pays et être hostile à l'occupant russe, dans les années qui suivent le pacte germano-soviétique.

    Le narrateur est un petit « homme » de 10ans. Il raconte : la faim, le froid, la crasse, les poux, la peur, la délation, la persécution, la mort…. un cocktail d'horreur qui plonge certains adultes dans la folie, le dégoût d'eux même. Mais, il raconte aussi l'Amour, l'Amitié , les Sentiments, la Poésie....avec une 'naïveté' émouvante.

    Chaque court récit est une véritable une leçon de vie. Piort ne baisse jamais les bras, sa 'force de Vie' est plus forte que tout.

    On découvre :

    Piort et ses amis : Kim, le Coréen, Eric, l’Estonien, Vassia, l’Ukrainien…. .Ils forment un petit groupe solidaire. Depuis que Piort leur a lu : « Le sermon sur la montagne »,  la bible les fascine. Ils se sentent plus fort.

    Piort l'ami fidèle et courageux,

     

    Piort le généreux  : «  le tricot de marin »

    « Petit oncle, tu ne pourrais pas m'acheter à Vladivostok un tricot de marin ?..... C'est une question de vie ou de mort ,.... »

    pourtant le jour même  Piort: «  Bien, Kolia, lançai-je au bout d'un moment et j'enlevai mon maillot.....Je te le donne pour toujours. »

    Piort le candide, naïf : « Le sermon sur la montagne »

    le directeur de l'école  :  «  Mais sais-tu que le Christ n'a jamais existé, que ce ne sont que des contes ?

    Piort  : « Je ne savais pas. Maintenant, je le saurai..... »

    Le directeur  : Si tu aimes lire et raconter alors, prends Le Capital.

    Piort  : C'est aussi un conte ?


    Piort et ses peurs : « Le clown »

    « Maman, guéris-moi de la peur...... J'ai peur du noir et de Staline. »


    Piort Amoureux  : « L'amour »

    «La faim sentimentale le disputait à la faim tout court. Je colmatais mon estomac avec de l'ail sauvage, des oignons, des fleurs comestibles. Mais il fallait aussi nourrir le cœur – l'amour criait famine. »

    et enfin,

    Piort le poète :  «  Une réitération de Job »

    Petia doit consentir à la disparition de tous ses proches. Au fond de l'abîme, il lui reste cependant la ressource de l'écriture, à laquelle il s'adonne depuis qu'il a lu Le Démon de Lermontov : " la poésie était devenue ma seule chance de perdurer. "

    Un impératif, il doit survivre pour témoigner !



    Mon ressenti :

    Un livre émouvant, bouleversant d'autant qu’il agit là d'un récit autobiographie.

    En effet, l’auteur s’est inspiré de sa propre enfance. La Bible, la Poésie, l'Amour, un trio qui l'aide à triompher de cet enfer.

    J'aime le style pur, le choix des mots et cette allure de conte que prennent parfois les récits. L'humour n'y est pas absent malgré la mort omniprésente !

    Je me demande souvent, comment 'la fleur de l'espoir' peut pousser dans le cœur de ces enfants de la misère.

    Car, ces enfants abîmés , ces enfants existent encore de nos jours..... !!!!

     


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    Challenge de Philippe.

     "Lire sous la contrainte"

    Un plaisir toujours renouvelé.... Merci Philippe.

     Mon choix :

    Mon dernier cheveu noir : Avec quelques conseils aux anciens jeunes

    de

    Jean-Louis Fournier 

     

     A vingt ans le temps nous semble lent, mou, on aurait presque envie de lui donner des coups de pieds aux fesses pour le voir avancer plus vite. On est pressés !

    A cinquante ans, il file au grand galop, notre seule envie est d'en saisir les rennes pour  ralentir sa course. Subitement, nous voilà moins pressés de voir défiler les heures, les mois, les ans !

    Inexorablement les années passent, inévitablement notre âge se fait grand ! Allez, j'ose le dire : 'on vieillit'.....ou, 'on prend de la bouteille'....ou, 'on s'anoblit' ….ou, 'on s'assagit', au choix !

     

    Jean-Louis Fournier dresse la « liste » inquiétante des avaries qui endommagent notre carcasse d'humains « biodégradables », et s’abattent sur nous vers la cinquantaine.

     

    A coup de textes courts il nous raconte l'après cinquante ans. 

    La vue qui baisse, la fabuleuse troisième paire de lunettes :

    « pour voir près et loin en même temps » !

    «  je me suis regardé dans la glace. Je suis affreusement net.

    Je me préférais en flou. »

     

    La peau qui plisse et se tâche de rouille, les articulations qui grincent....sans oublier la tremblote....et le  fameux : « manger léger » , plus de foie gras, de chocolats, adieu alcool et 'apéro', au revoir confit de canard et cassoulet.... enfin, un aperçu de l’apocalypse en moins pire !

    Sur l'échelle du déclin il faut aussi compter sur le barreau : coup dur ! »

    « Vous n'allez pas pouvoir le cacher........... , c'est écrit dans le journal.

    Tout la monde va vous appeler papy . »


    Mais l'âge a aussi ses privilèges, je vois un sourire suspicieux se dessiner sur vos lèvres !

    J-L Fournier vous les énumérera bien mieux que moi, ces avantages.

    Puis, pour notre salut, il nous donne quelques conseils pour plaire malgré tout !

    «  pour ne pas sentir le vieux, retirer de vos poches les boules de naphtaline et mettre un peu de parfum distingué. Qu'on ait envie de vous respirer. »


    « Restez majuscule et droit comme un I ,

    pas minuscule et tassé comme un vieux C. »

     

    Chaque récit est suivi d'une courte réflexion :

    « Dans la vie il y a deux périodes :

    la première, on attend les catastrophes,

    la seconde, elles arrivent. »

     

    « Quand vous entendrez le docteur à votre chevet dire : 'c'est la fin',

    essayez, malgré votre état, de faire rire une dernière fois.

    Ajoutez : 'Des haricots' »

     

     Puis, finalement puisque le 'vieillir' est une fatalité autant le vivre bien et comme J-L Fournier prendre l'affaire avec l'humour cynique du désespéré, pour ne pas dire du condamné. 

     Certains y verront un livre sombre, noir, très déprimant où la triste réalité de l'âge s'impose aux lecteurs. ...rien à espérer, rien à attendre sinon la fin....n'oublions jamais que nous sommes « biodégradables » !

    Ils garderont de cette 'descente' un goût bien amer et banniront à jamais "ce" livre de leur bibliothèque.

    D'autres y verront  humour et dérision, cynisme aussi . Un cocktail pour lutter contre la fatalité du temps qui passe.

    Quelle est la meilleure arme ? A chacun de choisir.

    Si le ciel est gris depuis des mois, si la pluie rythme vos journées.... si vous avez le cœur couleur noir.... surtout éloignez vous de ce bouquin !.... et vite !

    Si au contraire, vous vous dorez au Soleil les doigts de pieds en éventail, bercé par  « cui-cui » enchanteur des oiseaux.... si votre cœur est couleur Azur.... alors oui, lisez.....


    En refermant le livre j'ai retenu ces quelques lignes.

    Quelque soit votre âge, il faut continuer à croquer la Vie à pleine dents s' il vous en reste.... d'accord, ce n'est pas glamour !

    car :

     « Quand j'avais dix ans, un vieux  avait trente ans.

      Quand j avais trente ans, un vieux avait cinquante ans.

      Quand j ai eu cinquante ans, un vieux avait soixante-dix ans.

      Quand est-ce que je vais le rattraper ? »


     L'auteur parle souvent de sa vieille voiture que tout le Monde admire !

    "Laissons admirer nos rides et notre sagesse notre vieillesse en sera, peut-être, plus douce".

    Puis,

     

    « Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse,

     

    mais cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse. »

     

    Victor Hugo

     

    SylviAnne - Mars 2013

     

    Jean-Louis Fournier : "Mon dernier cheveu noir : Avec quelques conseils aux anciens jeunes"

    "Où sont mes lunettes?"

     





    Pour mieux connaître Jean-Louis Fournier, je vous invite à suivre le lien 'ici'  :

    ......En 2008, Jean-Louis Fournier publie le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui reçoit le Prix Femina, suscite un certain nombre de controverses[1] et une réponse de la mère des deux garçons[2]

     

    Mon dernier cheveu noir..... de J-L Fournier . "Livre éditions Anne Carrière"


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    Challenge de Philippe.

    Lire sous la contrainte : troisième session!

     

     Mon choix :

    un recueil de poèmes pas comme les autres !

     

    Vous aimez les envolées de mots, les graffitis,

    les poèmes chantants, les citations, les textes choisis...

    Vous aimez Paris, les Halles, le Parc Montsouris,

    l'avenue des Gobelins et la rue Mouffetard,

    l'Horloge de la gare de Lyon, les petits chevaux de bois des manèges d'antan .....

     

     Jacques Prévert sera votre «guide» !

     

    Il nous invite dans ce Paris où le Printemps éclate comme un feu d’artifice.

     

    « Paris est fou de joie

    quand arrive le printemps

    C’est son enfant naturel

    son préféré.... »

     

    Vous souhaiteriez connaître le secret de ces : "Volets ouverts, Volets fermés".

    Vous voudriez bien savoir pourquoi les prêtres se promènent rue Payenne dans le quatrième, non loin du Musé Carnavalet?

    Vous vous demandez que sont devenus les « Étranges étrangers ».....

    «......Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone..... pour avoir défendu en souvenir de la vôtre la liberté des autres »

    Et, si vous tendez l’oreille, vous entendrez, peut-être, des voix d'enfants chanter quelque chose comme ça : « …...... les grands y savent pas voir

    surtout quand c'est marrant surtout quand c'est joli.... »

     

    Ça vous tente !

     

    Alors, filez vite au pas de course chez votre libraire favori, passez devant tout le monde en vous excusant bien évidemment! N'oublions pas les bonnes manières! et farfouillez tout partout jusqu'à ce que... Miracle, vous dénichiez, Le livre :

    "Grand Bal du Printemps" suivi de Charmes de Londres de Jacques Prévert.

    chez Folio n°1075.

    Saisissez-le à pleines mains et ne le lâchez plus, quoiqu'il arrive!

     

    Puis, laissez vous bercer par les mots de Prévert.

    Il raconte, le peuple de Paris : les gens de la haute, les ouvriers bâtisseur de villes, les miséreux, les délaissés ....il chante l'innocence des enfants, la naissance, la jeunesse, la romance des amoureux, l'histoire des amants.... les chats, les chiens!

    Embarquez avec le capitaine Prévert sur le :

    « bateau de la Terre », où

    «les palmes et les branches

    les tiges et les feuillages

    tout ça c'est les hélices de la terre...»

    Allez à la rencontre des grands : Beaudelaire, Proust, Mouloudji, Nerval.... vous y croiserez même, si vous avez de la chance, sur un quai de gare 'le Petit Prince' de Saint-Exupéry et l'aiguilleur....et tant d'autres encore!

     

    C'est la magie Prévert! Collages de textes choisis ….et hop une image naît, une scène s'éveille.

     

    Chaque page est un tableau de mots qui s’anime à l'image d'un court métrage!

    On plonge dans le quotidien des gens de la ville, dans « les grands malheurs et les petits bonheurs »! Ne vous privez pas soyez fous....Amoureux de Paris la Belle, amoureux de Prévert... lisez le  sans modération !... et quasiment sans ponctuation (1) !

     

    J'avais lu « Paroles » de Prévert …

    grâce à Philippe je lis "Grand Bal du Printemps".

    Juste un mot : merci Philippe !

     

    Comment résister au plaisir de vous 'offrir ' un texte de Prévert, histoire de vous mettre l'eau à la bouche.

     

    « Il y en a qui s'appellent

    Aimé Bienvenu ou Désiré

    moi on m'a appelé Destiné

     

    Je ne sais pas pourquoi

    et je ne sais même pas qui m'a donné ce nom-là

     

    Mais j'ai eu de la chance

    On aurait pu m'appeler

    Bon à rien Mauvaise graine Détesté Méprisé

    ou Perdu à jamais. »

     

    Ps : au sujet de la ponctuation...... vous risquez d'être terriblement déçus !

    Peu de place pour la chamaille des points et des virgules !



    (1)Ponctuation

    Ce n’est pas pour me vanter,
    Disait la virgule,
    Mais, sans mon jeu de pendule,
    Les mots, tels des somnambules,
    Ne feraient que se heurter. 

    • C’est possible, dit le point.
      Mais je règne, moi, 
      Et les grandes majuscules
      Se moquent toutes de toi
      Et de ta queue minuscule. 

    • Ne soyez pas ridicules,
      Dit le point-virgule,
      On vous voit moins que la trace
      De fourmis sur une glace. 

    • Cessez vos conciliabules. 
      Ou, tous deux, je vous remplace!

    Maurice Carême (1899, 1978)


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  •  

    Bébé copie-copie-1

    « On ne peut que donner deux choses à ses enfants :

    des racines et des ailes. »
    Proverbe juif

     

    J’ai longtemps hésité entre : Gaston Lagaffe et Henry Troyat !!!

     

    Le challenge de Philippe« lire sous la contrainte »

    m’a placée dans une situation quasi Cornélienne !

     

     

     « Aliocha »
    un roman
    d’Henri Troyat publié en 1991.

    Un récit en grande partie biographique.

     

    1924 .Avec grande délicatesse Troyat nous immerge dans le quotidien d’une famille d’émigrés russes : les Pavlovitch Krapivine. Une famille au passé prestigieux. Hélène et Georges, les parents d’ Aliocha, « Alexis », ont leurs racines en Russie.

     

    Maman d’Aliocha : « Ah ! retourner chez soi ! murmura sa mère. Entendre de nouveau parler russe dans la rue, dans les magasins, fouler le sol qui vous a vu naître, respirer l’air de nos campagnes….. »

     

    Aliocha, lui est un adolescent de quatorze ans et demi, élève au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, tout comme Troyat l’a été.Il rejette avec toute la fouge de son âge cette culture russe qu’il considère comme un frein à son intégration. Il se montre maladroit, blessant, rejetant avec ardeur cette « envahissante » culture russe. Au risque de blesser ses parents qui l’ aiment tant. Pourquoi vivre dans ce culte du passé ?

     

    Maman d’Aliocha : «  Tu vois, moi, quand j’ai du souci, un accès de tristesse, je lis quelques vers de Pouchkine et ça passe »

     

    Il voudrait hurler, que lui , vit au présent. Sa vie à lui, c’est : Ingres, Rembrant… Vigny, Racine, Molière, Balzac, Hugo….

     

    Aliocha : « Qu’avait-il à faire d’un Pouchkine, d’un Lermontov, d’un Tolstoï….. »

     

    Mais voilà, il y a Thierry Gozelin, ce précieux ami ’ français pur laine’. Thierry est infirme. L’amour de la littérature et de l’art sera un trait d’union entre eux. Une amitié comme on rêve d’en connaître. Un « partage-échange » d’idées, de projets, de secrets….. À petits pas, presque avec tendresse, il conduira Aliocha sur le chemin de la paix intérieure et lui fera comprendre que ses racines russes sont un enviable trésor à préserver. Aliocha finira par comprendre que cette différence est, en effet, une véritable richesse à protéger.

    Troyat n’élude aucun sujet lié à l’immigration. Les mots sont rudes, cruels, ils sont « la vie ».

     

    Le conciergeà l’attention d’Aliocha : «  sale petit étranger »

     

    Un roman d’une richesse remarquable.

    On flotte dans l’esprit de ces personnages attachants, on est aussi le « lecteur-spectateur » celui qui s’interroge….

    Un livre ’mince’, deux cent pages à peine, dans lequel on se glisse avec plaisir !

    Un livre aux regards multiples !

    Un livre à lire ou relire à mettre dans toutes les mains !

    Un livre à méditer….le soir au coin du feu !

     

    Merci à Toi, Philippe car du coup j’ai relu avec un grand plaisir mon « Gastounet » !

     

     


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    Une fois n ‘est pas coutume, c’est décidé, je fais preuve de courage,
    je sors de mon domaine pour endosser l’habit de lectrice et participer au challenge de Philippe :

     ‘ Lire sous la contrainte’.

    La contrainte de ce mois:
    Le titre du livre doit être une question, une phrase interrogative.

    Que nenni, en voilà la un ! Je désirais depuis longtemps lire un livre de Robert Schecley,
    l’occasion est trop belle, je la saisis !

    « Et quand je fais ça,

    vous sentez quelque chose ? »

    Can you feel anything when I do this ?

    Robert Sheckley est un auteur de science-fiction américain, né le 16 juillet 1928, mort le 9 décembre 2005 à Poughkeepsie (NY). Collaborateur très régulier de la revue Galaxy dans les années 1950, il a écrit plus d'une centaine de nouvelles et une dizaine de romans.

    « Et quand je fais ça,vous sentez quelque chose ? » est un recueil de  seize nouvelles de science-fiction « caustiques et drôles » au style  « légèrement » déjanté. Vous voilà avertis! Les lois de la logique ‘classique’ sont mises à rude épreuve!  Avec ce recueil de nouvelles publiées au cours des années soixante, nous entrons dans un monde bien particulier où les extra-terrestres se défoncent à l’aide de substances hallucinogènes, où les robots multifonctions baratinent des ménagères sexy et où les dieux de l’ancienne Égypte apparaissent à de gentils hippies sous acide pour leur révéler le mystère de la composition du Ragoût Cosmique. 

     Au delà de la science fiction, Sheckley traite d’un thème éternel, celui de la nature de l’homme! Une nature qui ne change pas, aussi bien dans l’espace, face à un extra-terrestre que face à un robot.

     La première nouvelle : « Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ? », donne le tempo.  Un robot aspirateur dernière génération, succombe corps et âme, si l’on peut dire, aux charmes de la Belle Mélisande, une fée du logis très sexy ! Faire tomber en Amour un robot aspirateur d’une jeune femme, il fallait le faire et R. Schecley l’a fait sans l’ombre d’une hésitation. 

    Certaines de ses nouvelles sont assez cruelles : « Au Royaume des carottes les Oignons sont Rois », là, le Dieu Thot-Hermès de l’ancienne Égypte, apparait à un gentil hippie sous hallucinogène pour lui révéler le mystère de la composition du Ragoût CosmiqueLui, dans ce monde incarne un petit oignon blanc… mais ça va changer! 

    D’autres mettent notre cerveau à rude épreuve, limite en surchauffe ! « Cruelles équations » : le héros qui a oublié le mot de passe doit convaincre un robot de le laisser entrer au mépris de sa programmation...un chef pur d’œuvre ! C’est également le cas de : « La Même Chose Pour Toi, En Double » : que feriez-vous si on vous proposait de réaliser un vœu, sachant que ce vœu satisferait doublement votre pire ennemi... ?

    Dans   « Le docteur Zombi et ses petits copains à poils », les questions sont claires : « Est-ce que tout ce qui existe dans la création doit continuer de servir une seule espèce sous peine de disparaître ? », « Sont-elles vermines tout simplement parce qu’elles ne servent pas l’homme ?

    Puis : « Le Pas de trois du Chef, du Garçon et du Client », l’étrange danse de la perception biscornue de la réalité. Voilà trois personnages qui culpabilisent et font leur auto- procès dans une lettre de confession à Dieu ! Un exercice de style remarquable. La culpabilité à tous les étages. Mais où es-tu réalité !?

    Si les Terriens visitent des planètes étrangères, il arrive bien entendu aussi aux extra-terrestres de nous rendre visite :

    soit pour des raisons touristiques, ainsi qu’on le verra dans : « Les vacances de Monsieur Papazian ». Monsieur Papazian adopte un déguisement humain pour faire l’expérience de la fameuse altérité radicale et passer des vacances terrestres. Finalement il repartira sans trop de regret vers sa planète natale !

    soit, pour des raisons  plus discutables comme dans : «  Circuit pestilentiel ». où, ils seront les jardiniers des hommes  charger d’ élaguer les humains ! Schecley nous présente l'affaire comme un bien pour l'homme.

    On erre dans l’imaginaire. Le réel vole en éclats sous la pression de l’absurde pourtant dans ces éclats on peut reconnaître nos doutes, nos angoisses, nos peurs. Qui n’a jamais dit ou pensé :

    le Monde est complètement 'fou dingue' !

    On aime ou on déteste. Chaque nouvelle est source de réflexions. Sheckley met le doigt sur des questions sensibles.  Il ne donne jamais de leçon, ne fournit aucune morale. A chacun de nous de se faire sa propre opinion. Etre ou ne pas être sur la même longueur d’onde que R. Shecley, là est la question. A chacun de voir s’il s’y retrouve….Peut-être aurez vous la curiosité de visiter cet auteur.

    Je remercie Philippe qui, par le biais de son challenge m’a conduite à faire connaissance avec R.Sheckley.

     Je ne peux pas terminer 'cette page'  sans glisser la photo d'un minuscule champignon (3mm) qui, pris sous un angle bien particulier,  pourrait bien nous faire penser que E.T n'est pas vraiment parti!

    E.T maison... une larme

    "E.T , maison ou ici?"

    A tout bientôt!

     

    Le Livre de poche  N°7014.
    Robert Sheckley
     « Et quand je fais ça,vous sentez quelque chose ? »

     

     


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