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    Challenge de Philippe.

     "Lire sous la contrainte"

    Un plaisir toujours renouvelé.... Merci Philippe.

     Mon choix :

    Mon dernier cheveu noir : Avec quelques conseils aux anciens jeunes

    de

    Jean-Louis Fournier 

     

     A vingt ans le temps nous semble lent, mou, on aurait presque envie de lui donner des coups de pieds aux fesses pour le voir avancer plus vite. On est pressés !

    A cinquante ans, il file au grand galop, notre seule envie est d'en saisir les rennes pour  ralentir sa course. Subitement, nous voilà moins pressés de voir défiler les heures, les mois, les ans !

    Inexorablement les années passent, inévitablement notre âge se fait grand ! Allez, j'ose le dire : 'on vieillit'.....ou, 'on prend de la bouteille'....ou, 'on s'anoblit' ….ou, 'on s'assagit', au choix !

     

    Jean-Louis Fournier dresse la « liste » inquiétante des avaries qui endommagent notre carcasse d'humains « biodégradables », et s’abattent sur nous vers la cinquantaine.

     

    A coup de textes courts il nous raconte l'après cinquante ans. 

    La vue qui baisse, la fabuleuse troisième paire de lunettes :

    « pour voir près et loin en même temps » !

    «  je me suis regardé dans la glace. Je suis affreusement net.

    Je me préférais en flou. »

     

    La peau qui plisse et se tâche de rouille, les articulations qui grincent....sans oublier la tremblote....et le  fameux : « manger léger » , plus de foie gras, de chocolats, adieu alcool et 'apéro', au revoir confit de canard et cassoulet.... enfin, un aperçu de l’apocalypse en moins pire !

    Sur l'échelle du déclin il faut aussi compter sur le barreau : coup dur ! »

    « Vous n'allez pas pouvoir le cacher........... , c'est écrit dans le journal.

    Tout la monde va vous appeler papy . »


    Mais l'âge a aussi ses privilèges, je vois un sourire suspicieux se dessiner sur vos lèvres !

    J-L Fournier vous les énumérera bien mieux que moi, ces avantages.

    Puis, pour notre salut, il nous donne quelques conseils pour plaire malgré tout !

    «  pour ne pas sentir le vieux, retirer de vos poches les boules de naphtaline et mettre un peu de parfum distingué. Qu'on ait envie de vous respirer. »


    « Restez majuscule et droit comme un I ,

    pas minuscule et tassé comme un vieux C. »

     

    Chaque récit est suivi d'une courte réflexion :

    « Dans la vie il y a deux périodes :

    la première, on attend les catastrophes,

    la seconde, elles arrivent. »

     

    « Quand vous entendrez le docteur à votre chevet dire : 'c'est la fin',

    essayez, malgré votre état, de faire rire une dernière fois.

    Ajoutez : 'Des haricots' »

     

     Puis, finalement puisque le 'vieillir' est une fatalité autant le vivre bien et comme J-L Fournier prendre l'affaire avec l'humour cynique du désespéré, pour ne pas dire du condamné. 

     Certains y verront un livre sombre, noir, très déprimant où la triste réalité de l'âge s'impose aux lecteurs. ...rien à espérer, rien à attendre sinon la fin....n'oublions jamais que nous sommes « biodégradables » !

    Ils garderont de cette 'descente' un goût bien amer et banniront à jamais "ce" livre de leur bibliothèque.

    D'autres y verront  humour et dérision, cynisme aussi . Un cocktail pour lutter contre la fatalité du temps qui passe.

    Quelle est la meilleure arme ? A chacun de choisir.

    Si le ciel est gris depuis des mois, si la pluie rythme vos journées.... si vous avez le cœur couleur noir.... surtout éloignez vous de ce bouquin !.... et vite !

    Si au contraire, vous vous dorez au Soleil les doigts de pieds en éventail, bercé par  « cui-cui » enchanteur des oiseaux.... si votre cœur est couleur Azur.... alors oui, lisez.....


    En refermant le livre j'ai retenu ces quelques lignes.

    Quelque soit votre âge, il faut continuer à croquer la Vie à pleine dents s' il vous en reste.... d'accord, ce n'est pas glamour !

    car :

     « Quand j'avais dix ans, un vieux  avait trente ans.

      Quand j avais trente ans, un vieux avait cinquante ans.

      Quand j ai eu cinquante ans, un vieux avait soixante-dix ans.

      Quand est-ce que je vais le rattraper ? »


     L'auteur parle souvent de sa vieille voiture que tout le Monde admire !

    "Laissons admirer nos rides et notre sagesse notre vieillesse en sera, peut-être, plus douce".

    Puis,

     

    « Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse,

     

    mais cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse. »

     

    Victor Hugo

     

    SylviAnne - Mars 2013

     

    Jean-Louis Fournier : "Mon dernier cheveu noir : Avec quelques conseils aux anciens jeunes"

    "Où sont mes lunettes?"

     





    Pour mieux connaître Jean-Louis Fournier, je vous invite à suivre le lien 'ici'  :

    ......En 2008, Jean-Louis Fournier publie le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui reçoit le Prix Femina, suscite un certain nombre de controverses[1] et une réponse de la mère des deux garçons[2]

     

    Mon dernier cheveu noir..... de J-L Fournier . "Livre éditions Anne Carrière"

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